L’enseigne de commerçants indépendants a bouclé une année 2018 marquée par des résultats qui font la satisfaction de Dominique Schelcher. Mais pour le président du distributeur, qui s’est confié à LSA, de nombreux chantiers sont encore en cours, dans un environnement de la distribution en constante évolution.

Dominique Schelcher, PDG de Système U

Dominique Schelcher, PDG de Système U© ©DUARTE Laetitia

Les chiffres clés 2018 de Système U
  • 1579 magasins
  • 19,94 mrds € de CA HT hors carburant
  • 25,58 mrds € de CA HT avec carburant

Dont :

  • 66 HYPER U : 3,38 Mrds € de CA HT hors carburant
  • 744 SUPER U : 14,18 Mrds € de CA HT hors carburant
  • 368 U EXPRESS : 1,82 Mrd € de CA HT hors carburant
  • 395 UTILE : 485,7 M € de CA HT hors carburant
  • Croissance du drive : + 10,4 %, à 590 m € de cA TTc, 757 magasins (+ 24)
  • Croissance des métiers du frais (boucherie, poissonnerie, boulangerie, fromage à la coupe…) : + 3,2 %
  • Poids des produits U : 4,3 Mrds € (+ 3,8 %)
  • Ventes des produits bio de la marque U : + 18,2 %

Source : Système U

 

 

Avec un chiffre d’affaires de 19,94 milliards d’euros (hors essence) en hausse de 2,3 %, et un gain de part de marché de 0,1 point à 10,7 %, Système U a de quoi être plutôt satisfait de son exercice 2018. Car il s’est révélé compliqué pour quasi tous les opérateurs français, à l’exception notable d’Intermarché, des ex-hard-discounters comme Aldi et Lidl et donc, de Système U. « Replacée dans le contexte, c’est une année correcte, dans un métier en pleine mutation. Cela prouve la résilience de notre modèle » a commenté Dominique Schelcher, président de Système U, à LSA.

Les orientations sont bonnes (les ventes 2017 avaient progressé de 1,4 %) et la part de marché est en croissance ou stable depuis 32 périodes (soit deux ans et demi). Plus intéressant, le positionnement de l’enseigne, surtout présente sur le format des supermarchés, semble pertinent. C’est en tout cas ce qui ressort des chiffres, avec une forte performance des métiers du frais, autrement dit du traditionnel (boucherie, poissonnerie, boulangerie, fromage à la coupe), qui a enregistré une progression des ventes de 3,2 %. « Ces efforts payent, et c’est un élément clé pour Système U. Cette expertise, ce contact, ce sont des choses que l’e-commerce ne peut pas proposer », explique le patron des U, qui a pris la suite de Serge Papin courant 2018. Autre aspect marquant de l’évolution de la consommation, 72 % de la croissance repose sur les produits issus de PME ou de TPE.

Côté formats, ce sont les supermarchés (70 % du CA) qui ont tiré les ventes. Tout comme les U Express et Utile, formats de proximité dont la progression a même été proche des 5 %. Les fondamentaux sont donc là, mais Dominique Schelcher fait comprendre qu’il n’entend pas s’arrêter en chemin. Sur le plan commercial évidemment, mais aussi sur celui de la poursuite des gains d’efficacité dans la foulée des grandes réorganisations menées ces dernières années (avec U Log et U Enseigne notamment). « La mise en commun de tous les services support est bouclée. Mais les travaux pour tirer toute l’efficacité et le fruit de ces synergies vont durer des années, ce qui fait que nous avons encore de belles performances économiques à atteindre. »

100 millions investis dans les entrepôts

La stratégie a été fixée en 2017 à cinq ans ce qui signifie que, d’ici là, le groupement sera totalement unifié. « Et, à ce jour, nous sommes sur la trajectoire prévue, tout en tenant compte des impondérables. » Impondérables qui ont pris la forme, en 2018, de la hausse du prix des carburants, ou encore des tensions sur le coût du transport et la pénurie de chauffeurs routiers. Sans oublier l’impact – limité pour U – des « gilets jaunes », chiffré à une cinquantaine de millions d’euros environ de manque à gagner. Suffisant néanmoins pour empêcher symboliquement le groupement de dépasser les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires HT.

En parallèle, 2019 va être une forte année d’investissements dans les outils. Dans la logistique, environ 100 millions d’euros devraient être consacrés à la modernisation et à la robotisation des entrepôts. « Nous avons bien étudié ce que cela donnait en termes de retour sur investissement, et c’est la formule la plus intéressante compte tenu de notre ­modèle multiformat, où il nous faut livrer des hypermarchés, des supermarchés et des formats plus petits », indique Dominique Schelcher, qui pour autant ne compte pas tout confier à des robots.

Ne pas s’assoupir sur ces bons résultats est un point central dans le discours du président. Au rayon des petites déceptions, il cite l’engagement encore insuffisant du réseau dans le drive, qui représente environ 3 % des ventes du groupement et le situe loin de sa part de marché dans la distribution. Le chemin tient en deux améliorations, avec la création de nouveaux sites (environ 750 magasins sont équipés à ce jour), et l’ouverture de davantage de créneaux pour le retrait des commandes. Ce qui est synonyme d’investissement dans le personnel pour préparer les commandes.

25 créations et 50 ralliements en vue

L’environnement est mouvant comme jamais. Avec, par exemple, le regroupement des centrales d’achats et ,dans le cas de Système U, l’alliance avec Carrefour. Ou encore la mise en œuvre de la loi issue des États généraux de l’alimentation, avec la hausse du SRP depuis le 1er février. « Cela va s’accompagner de la mise en place de nouvelles péréquations, avec deux objectifs : améliorer le pouvoir d’achat des clients, et dégager des moyens pour mieux rémunérer le monde agricole. Mais pour cela, il faut des garanties que les éventuelles hausses de prix profitent aux agriculteurs », poursuit Dominique Schelcher, selon qui « les EGA ont fait bouger les lignes. Cela a accéléré la contractualisation ».

Parmi les points clés de l’année en cours, le distributeur met en avant un chiffre qualifié d’historique, avec, en plus de 25 créations de magasins attendues, pas moins de 50 ralliements prévus, de quoi démontrer « la pertinence et l’attractivité de notre modèle ». D’ailleurs, pour le côté sémantique, on notera que le communiqué annonçant les résultats annuels parlait de Système U comme de « l’enseigne des territoires ». Une posture pour le moment gagnante.

Les chantiers de 2019

  • Poursuivre l’unification du groupement.
  • Investir dans la robotisation des entrepôts.
  • Intégrer une cinquantaine de nouveaux magasins ralliés au groupement.
  • Continuer le travail sur la différenciation par les métiers de bouche et la proximité.

Source LSA Conso

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